2ème édition du prix Littéraire

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Aprés avoir baguenaudé dans nos rues en compagnie de quarante cinq auteurs de talent, repartons sur les pas d’Alexandre Desrousseaux arpenter nos marchés lillois.

 

Thème du concours : UN MARCHE DE LILLE

Date limite des envois le lundi 18 juin

Concours littéraire A Desrousseaux :
Maison des Associations 72 rue Royale 59000 Lille

Deux catégories moins de 18 ans / plus de 18 ans
Trois pages maximum sur format A4.

Encore plus de prix à gagner et de belles rencontres.
Alors à vos plumes, vos crayons, vos stylos !

 


 

 


 

1er prix Alexandre Desrousseaux 2017 :

Voici le texte de Claudine Valmont 

 

Louise (rue de Saint André) :

 

Je me prénomme Louise, j’ai quatre-vingt-cinq ans. J’habite Lille, rue Saint -André, depuis soixante ans. Cette rue est la mienne. Je la possède bien plus qu’un propriétaire immobilier, bien mieux qu’un promoteur. Je l’ai vue malade, je l’ai vu souffrir, je l’ai vu renaître. Jamais je ne l’ai abandonnée.  J’occupe un appartement au premier étage d’une maison redistribuée en divers logements. En dessous, au rez de chaussée, un restaurateur s’est installé. Il s’appelle Didier. Il est jeune et sympathique, bel homme, grand,brun,portant très bien la moustache, élégant, poli, bien élevé.Le samedi soir, je vais l’aider…pas pour le service bien sûr, je ne suis plus suffisamment alerte, mais pour lui laver quelques casseroles quand le restaurant est plein et que le chef se cuisine est débordé. Il monte en vitesse les quelques marches qui nous séparent et m’appelle: «Louise, Louise ,nous n’avons plus de casseroles propres, le chef est dans le jus ! »

Je descends alors et m’installe à la plonge, une heure ou deux. Comme je ne veux pas qu’il me paie, Didier m’offre un délicieux plat de poisson. C’est la spécialité du restaurant, le poisson. Il me laisse choisir ce que je veux sur la carte et me sert, comme si j’étais une vraie cliente.

Je m’appelle Didier. J’ai ouvert il y a quelques mois un restaurant de poisson, rue Saint-André.

Très vite, cette rue est devenue mienne. Tout le monde se connaît.

A quelques minutes du restaurant se trouve la Place du Concert et son marché. J’y rencontre d’autres restaurateurs et aussi notre voisine du dessus, Louise, une petite vieille adorable. Un jour, elle m’a confié que les samedis soirs lui donnaient le cafard depuis que son mari était décédé.

Alors avec le chef, nous avons décidé de faire appel à elle tous les samedis. Elle nous donne un coup de main à la plonge, et surtout je sais que nous lui offrons un sacré plaisir en lui proposant de choisir une de nos spécialités… A la fin du service elle s’installe à la petite table du fond, celle réservée aux intimes, et le chef lui prépare une belle assiette.

Lorsqu’elle l’a terminée, nous nous asseyons un moment avec elle.

Elle nous raconte alors l’histoire de sa rue, depuis le début…prospérité, insalubrité, destruction, renaissance…

Jouxtant le restaurant, il y a un bar marocain, «Le petit Tonneau».

Quand je me suis installé, j’étais plutôt méfiant, mais très vite nous avons créé des liens. Ali en est le propriétaire.

C’est un petit homme au teint bis, à la chevelure grisonnante et abondante. Il est toujours vêtu de la même façon: un jean trop large, un pull trop serré, et aux pieds, des babouches usées d’avoir tant foulé le sol de son café qu’il me semble ne jamais quitter. De temps en temps, je passe boire un thé et nous discutons un peu. Il fait corps avec son bar, corps avec ce morceau de rue qui l’habite. Il parle à tout le monde mais ne s’éloigne jamais de son établissement. Louise adore son thé à la menthe mais une présence féminine étant mal acceptée en ce lieu, Ali se précipite dès qu’il l’ aperçoit, un verre de thé bien chaud à la main. Elle rentre vite le savourer chez elle.

Je m’appelle Ali. J’habite rue Saint André, derrière le bar que je loue depuis prés de trente années. Avant le quartier était très différent. Toute ma famille marocaine y vivait.

Mais ils ont réhabilité le quartier, comme ils disent. Les logements ont été refaits, modernisés, les loyers sont devenus trop chers. Moi, j’ai réussi à rester. Ailleurs je serais mort.

Didier mon voisin, un grand brun moustachu et sympathique est restaurateur. Régulièrement Louise, la petite dame âgée qui habite au-dessus du restaurant passe devant mon café.

Je la connais depuis toujours, Louise. Elle adore mon thé à la menthe et quand je la vois, je lui en apporte un verre qu’elle monte vite boire chez elle.

Je suis le Père François. J’appartiens à la communauté des Frères Maristes. Nous occupons une grande bâtisse rue Saint-André. Cette maison, cette rue, sont notre port d’attache en France.

Notre activité principale se trouve en Afrique où nous partons en mission chacun notre tour. Pour moi, l’Afrique, c’est terminé, je suis devenu trop vieux.

En face, il y a un restaurateur spécialisé dans le poisson. Sa carte est une palette de saveurs. Le patron est jovial et plein d’humour. Un samedi soir où nous n’y étions attardés, nous avons rencontré Louise, un charmante vieille dame qui vit au-dessus du restaurant. Elle savourait les yeux mi-clos une belle assiette de saumon merveilleusement décorée. A notre droite, dans une magnifique maison entièrement rénovée s’est installée une famille avec quatre enfants.

L’un d’entre eux se prénomme Léo. Rouquin, espiègle, curieux, il discuterait volontiers mais je dois reconnaître que nous, les enfants, ça nous effraie un peu…

A coté du restaurateur il y a Ali, et son bar, «Le Petit Tonneau». Nous nous saluons toujours poliment. Il est pacifiste, Ali !

Je suis Léo. J’ai vingt-deux-ans. Je suis arrivé rue Saint-André à l’âge de huit ans. En face de chez nous, c’était Didier, le restaurateur. Au dessus de son établissement habitait une vieille dame, Louise. Elle vivait ici depuis très longtemps.

Elle me parlait souvent et me racontait que notre rue, c’est un petit paradis.

A l’époque, j’étais content d’avoir quitté Maubeuge pour habiter au paradis, rue Saint André…

Aujourd’hui rien n’est plus pareil ! Louise est partie, emmenant avec elle son sourire, ses petits pas, ses histoires et un peu de notre patrimoine… Didier a cédé son restaurant, Ali laisse refroidir son thé, le Père François a été hospitalisé, et moi Léo je regrette de ne pas avoir pris de notes sur l’histoire du quartier, mais Louise continuera à vivre dans mes souvenirs, au milieu de cette rue qu’elle a tant aimée.

Concours Littéraire

 

 

 

 

 

 


 

 

– Les textes devront comporter un titre.

– Toutes les formes sont accepées ( nouvelle, poèsie, récit,)

– Les textes devront faire allusion de manière claire à un marché *de Lille*.

– La participation au concours est *anonyme*.

– Un code de 3 chiffres et de 3 lettres ( exemple 584 GTR) sera reporté sur
chaque feuillet du texte.

– Sur un feuillet à part, apparaitront les coordonnées complétes du candidat
ainsi que le titre du texte.

Les textes qui ne se situeront pas clairement à Lille ainsi que ceux qui ne respectent pas les règles
de l’anonymat ne pourront être retenus.

 

 


 

Règlement

Prix Littéraire Alexandre Desrousseaux

 

Article 1

Tout texte présenté pour le concours (un seul texte par personne qui concourt) sera un texte  original, inédit, non primé dans un autre concours, ayant une forme narrative ancrée dans le réel ou l’imaginaire.


Article 2

Chaque texte comportera un titre, sera en adéquation avec le thème, respectera la langue française.


Article 3

Le concours est gratuit, ouvert à toutes et à tous et comporte deux catégories : Adultes : 18 ans et plusjeunes : moins de 18 ans


Article 4

Chaque texte comportera au maximum trois pages format A4 rédigées avec une police de 12 et un espacement de 2. Sur chacun des feuillets, le candidat reproduira un code composé de trois lettres et de trois chiffres afin de garantir l’anonymat.   EXEMPLE : JDU 272.


Article 5

Chaque texte  sera accompagné  d’un feuillet portant les indications suivantes : coordonnées du candidat (adresse postale, mail, téléphone), la catégorie dans laquelle il concourt, le titre de son texte, le code attribué à son écrit et la mention suivante : « J’accepte que mon texte soit publié ».


Article 6

Les textes seront envoyés exclusivement par voie postale ou déposés à l’adresse suivante : CONCOURS  ALEXANDRE DESROUSSEAUX LA GAZETTE DE LILLE  MAISON DES ASSOCIATIONS 72- 74 rue Royale 59800 LILLE. La date limite de remise des textes est fixée au dimanche 18 juin 2017.


Article 7

Les trois premiers prix seront décernés  pour chaque catégorie et  se verront récompensés d’un lys d’or, d’un lys d’argent et d’un lys de bronze. La liste des prix sera publiée dans le numéro de mars 2017.


Article 8

Les meilleurs textes pourront, le cas échéant, faire l’objet d’une publication sur le site de  :
www.lagazettedelille.fr.


Article 9

Le jury est  composé de : Cathy MASSIAS, Marie TANCREZ,  Elisabeth SAINT-MICHEL, Gérard  COURTECUISSE,  JIHEM et  Michel LOUSTALOT.


Article 10

Le parrain du prix Alexandre Desrousseaux est Monsieur Franck HANOH, adjoint délégué à la présidence du conseil de quartier du centre. Conseil de sécurité, Police municipale et vie nocturne.


Article 11

Tout cas litigieux sera tranché par le jury.

Les organisateurs du concours sont :

– La Gazette de Lille,
– Les Amis de la Gazette
– Les Mardis d’ailleurs.

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