Cabaret

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Lolita de Perenchies, es tu heureux ?

Heureux, comment ne pas l’être avec la vie que j’ai eue…

Ce matin là, Je m’attendais à tout, rencontrer une Mireille Mathieu enrobée, amatrice de loukoums, une Sheila grassouillette ayant abusé des andouillettes ou une Nana Mouskouri bouffie, tu l’as dit Bouffi !.

Surprise, c’est une Lolita en civil, enjouée, qui m’attendait un verre à la main, au comptoir du Café de la Base à Lompret, trinquant avec Philippe, à la prochaine victoire du Losc.

-Lolita, c’est sûr, tu es venu(e) au monde avec des plumes d’autruche dans les fesses, une perruque et du rimmel autour des yeux ? Pas possible autrement !

-A peu près, cher ami…

A 13 ans, j’étais déjà une vedette dans mon quartier, créant des spectacles pour les gosses des voisins.

A 16, j’animais des mariages en transformiste hilarant.

A 18, je rencontrai Claude Thomas.

Les spots s’allumèrent dans ma tête, la musique explosa.

Mesdames et messieurs, que le spectacle commence. Le cabaret de Paris, les Folies de Paris, Le Québec, le Japon, le Maroc et encore, et encore, et toujours…

Une vie semée d’étoiles, de tournées et d’ époustouflantes rencontres!

L’aventure des Folies avait commencé très modestement, dans un tout petit restaurant cabaret, créé par Claude, rue de Gand.Tellement petit qu’au dessus de 100 personnes, on s’arrêtait de respirer, on s’asseyait les uns sur les autres et on essayait de ne pas boire dans le verre du voisin. Mais il y avait l’ambiance que seul Claude sait créer.

En passant, je ne sais pas si tu as remarqué que mon physique était plus adapté au personnages comiques qu’aux rôles tragiques, je te dis ça parce qu’à Tokyo, on me faisait traverser la scène en patins à roulettes au risque de me casser cinq côtes et deux tibias, mais ça faisait rire aux éclats les japonais.

En plus, on m’avait déguisé en Mireille Mathieu obèse, engoncée dans une robe bleu blanc rouge, à l’étranger, toujours français.

C’était du délire, dans la salle comme en coulisses.Deux spectacles par jour, matinée et soirée. Sur les genoux qu’il m’a mis le Claude !

Mais qué bonheur,
qué bonheur !

Et puis un jour, Claude et Michel ont voulu qu’ on se marie, pour du faux, je te rassure,  comme Coluche et Le Luron,

Si tu nous avais vu, à neuf heures du matin dans les rues de Lille, fêtant ça au champagne, quel délire.

Les copains qui hurlaient, les Lillois éberlués et le père de la mariée qui avait bien du mal à s’accrocher à mon bras.

Je ne regrette rien, je recommence demain, tout ce que Claude m’a fait faire!

Il est dur au travail, super professionnel, difficile et colérique mais avec un cœur énorme.