La Gazette des Arts

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Street-Art : Jack is Back ! 

Rencontre avec l’artiste de rue Zacharie Bodson qui exposait récemment au Berliner, rue Royale. Une œuvre construite autour de son personnage fétiche, Jack Nicholson, également mis en scène dans les rues de Lille.

Un visage iconique et un sourire empreint de folie comme personnage central. Zacharie Bodson, 20 ans,  lillois d’adoption depuis 2 ans, trouve une partie de son inspiration dans la culture pop, à mi-chemin entre les collages de Basquiat et le Pop Art.

Dans ses créations la rue s’approprie la star hollywoodienne elle en devient son porte-parole. Son ambition première était de parodier la propagande politique. En tant que grand fan de Stanley Kubrick, il a choisi ce visage pour emblème. C’est ce “Jack” qui fait aujourd’hui la signature de ses œuvres de street art. C’est sa marque de fabrique. La figure d’Hollywood devient ici un objet et se décline sur différents supports.

Nicholson se décline à l’infini

Pour cette 4ème exposition lilloise, Zacharie Bodson a donc exposé au bar le Berliner, en hommage à la capitale allemande. Pour ce projet,  le street artist est allé plus loin dans sa réflexion et ne s’est pas « contenté » d’accrocher quelques toiles. Il a joué avec les  matières et nous a emmené dans son univers, dans une escapade berlinoise peu commune. Briques, cartons, toiles… Nicholson se décline à l’infini. Une centaine de pièces ont été exposées, dont une vingtaine de toiles spécialement créées pour l’occasion. Des cartons, des cannettes… Tous les supports ont été exploités pour coller à l’effigie du fameux Jack.

Ce visage au sourire fou, semblable à la folie personnifiée, est-ce une métaphore de son regard sur le monde actuel ? Le visage de l’acteur interpelle forcément et ne laisse personne indifférent.

Pourquoi avoir choisi de transposer des œuvres, pensées pour la rue dans un lieu d’exposition clos, en l’occurrence un bar ? 

La démarche d’exposer n’est pas simple pour un street artist. Exposer dans la rue c’est gratuit, mais c’est important que le public s’approprie vos œuvres et puisse en acquérir aussi. J’aime bien créer une ambiance, ce qui n’est possible que dans un lieu clos.

Le choix de Jack Nicholson dans Shining, est- ce pour exorciser un cauchemar d’enfance ? 

C’est parti d’un dessin vectoriel (sous informatique), quand j’ai commencé, il y a 4 ans. Il est devenu un personnage central que je fais évoluer mais je ne fais pas que ça ! Mes sources d’inspirations et mes influences sont multiples. Cinéma, art…  Le film Shining en fait partie !.

Pourquoi avoir choisi Berlin / le Berliner comme toile de fond ? 

J’ai eu la chance qu’on me propose d’exposer dans ce bar. C’était ma 4ème expo sur Lille depuis l’été dernier. J’ai eu carte blanche. J’aime surprendre et le Berliner était aussi une façon de travailler dans un autre cadre, de coller le plus possible à cette ville et à son Histoire.