La Gazette des Arts

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SOLID’ART 2018

Salon solidaire d’Art Contemporain, co-organisé
par le Secours Populaire du Nord et ART’SO – Art Solidarité.

Catalogue en ligne : www.solidart.fr

 

La scène artistique lilloise se mobilise pour la solidarité

Les 25, 26 et 27 mai au Palais Rameau de Lille, 130 artistes et 5 galeries d ’ art exposeront et vendront leurs œuvres
pour aider le Secours Populaire à faire partir des enfants en vacances.

L’année dernière au Palais Rameau, Solid’Art avait permis d’offrir “4 000 journées vacances ”.

Toutes les disciplines sont représentées : peinture, sculpture, photo, gravure, art urbain, sérigraphie d’art… Pour cette 4ème édition, 40 nouveaux exposants ont été invités, des talents confirmés et d’autres en devenir. C’est tout l’intérêt de cet événement artistique de la vie culturelle Lilloise.

Solid’Art est entré dans l’agenda culturel de Lille
Francis Moreeuw
Artiste peintre

La somme collectée est convertie en “ journées vacances ” pour les enfants accompagnés par le Secours populaire alors qu’un enfant sur trois et une personne sur deux ne partent pas en vacances dans la région.

L’année dernière, Solid’Art avait permis d’offrir «4 000 journées vacances ”.

 



 

Jef Aérosol, artiste pochoiriste

Jean-François Perroy, plus connu sous le pseudonyme Jef Aérosol, est un artiste pochoiriste français issu de la première vague « street art » du début des années 1980. Il réside à Lille depuis 1984 et parraine pour la 4ème année consécutive Solid’Art, l’expo-vente solidaire du Secours populaire.

The Sittin’Kid in the blue mountains – 2017 – 162x114cm – Toile mise en vente à Solid’Art par Jef Aérosol pour aider le Secours populaire à faire partir des enfants en vacances.

Installé dans le Nord depuis 30 ans. Pourquoi t’y sens-tu bien ?

J’aime cette région pour la chaleur de son accueil, sa diversité, sa proximité géographique avec Paris, Bruxelles, Londres… J’aime la taille humaine de Lille et la vie culturelle qui l’anime. Et puis, j’ai rencontré ici des gens avec lesquels j’ai maintenu des relations d’amitié depuis des décennies.

On peut voir plusieurs de tes fresques géantes dans la métropole lilloise (MIN de Lomme, Condition Publique de Roubaix…). As-tu des projets à Lille même ? 

Il y a eu des projets avortés, il y a des idées, mais mon planning est très plein et j’ai la chance de pouvoir travailler un peu partout ce qui met parfois entre parenthèses ou repousse à plus tard des projets locaux. Avec mon assistante Julie, nous sommes toujours attentifs à toutes propositions dès lors qu’elles correspondent à l’esprit de mon travail et à ma technique. Il est vrai que depuis mon arrivée à Lille en 1984, je n’ai pas encore peint de grande fresque murale pérenne intra-muros. Peut-être un jour…

Tes œuvres témoignent de ta passion pour le rock, le blues et les musiciens en général. Joues-tu dans un groupe en ce moment, un projet d’album ou de tournée peut-être ?

En effet, la musique a toujours tenu une place primordiale dans ma vie et dans mon travail. J’ai moi-même beaucoup pratiqué la musique depuis mes années lycée (mon premier groupe a sévi entre 74 et 76). Entre 1988 et 2005, la musique a pris autant de place dans ma vie que la peinture : j’ai joué dans plusieurs groupes avec lesquels j’ai tourné et enregistré (Windcatchers, Open Road, Distant Shores, etc.). A partir de 2005, ma carrière de peintre a vraiment pris un tournant et je n’ai plus eu de temps pour la musique. Les répétitions, concerts, enregistrements, tournées etc sont très chronophages. Je jouais avec des musiciens professionnels qui tournaient avec plusieurs groupes afin de maintenir leur statut d’intermittents du spectacle. De mon côté, j’enchaînais les expos, les déplacements à l’étranger, les fresques et autres interventions. Je n’avais plus le temps de jouer, ou juste un peu de temps en temps pour moi-même ou à l’occasion d’un vernissage ou à deux, en duo avec mon ami Mike Varlet. En septembre 2017, j’ai organisé une grosse soirée à la Condition Publique (Roubaix) pour fêter mes « 60 piges et 35 ans de pochoir ». Pour l’occasion, je me suis retrouvé à nouveau sur scène avec mes comparses Xavier Laune (de Distant Shores) et François Borne (d’Open Road), ce qui nous a vraiment donné envie de rejouer ensemble, tranquillement, en fonction de nos disponibilités…

« 60 piges et 35 ans de pochoir », avec le recul, que cela t’évoque-t-il ? Quels conseils donnerais-tu à un jeune artiste ?

Quand je me retourne sur les années passées, je me dis que j’ai eu beaucoup de chance, j’ai vécu tant de choses différentes, j’ai eu le privilège de rencontrer tant de gens. La musique et la peinture m’ont offert des opportunités incroyables et depuis que je suis devenu artiste professionnel, je remercie la vie quotidiennement de ce qu’elle m’accorde.Si je devais formuler un conseil, je dirais qu’il ne faut jamais attendre trop de l’existence mais qu’il faut mesurer ce qu’elle nous offre et en profiter sans vouloir davantage que ce que chaque jour nous octroie. On ne gagne que des déceptions et des désillusions à vouloir « tout, tout de suite ! »…

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. Quel sens cela a-t-’il pour toi ? As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marqué étant enfant ?

Je suis très honoré de pouvoir apporter une toute petite contribution aux actions du Secours Populaire et Solid’Art est une belle idée qui met l’art au service d’une cause importante. Trop d’enfants ne quittent jamais leur quartier. Nous ne sommes qu’à une heure des plages du Nord et pourtant, nombreux sont les jeunes de l’agglomération lilloise qui n’ont jamais vu la mer. Il est important que chacun d’entre nous, à son échelle, fasse un petit quelque chose pour aider le Secours Populaire à offrir à ces enfants quelques heures ou quelques jours de dépaysement, de découverte, de joie et de bonheur.

Je suis d’autant plus sensible à cette cause que j’ai eu la chance de vivre de belles vacances familiales dans mon enfance, à la campagne, à la montagne, à la mer… Le souvenir de vacances qui m’a sans doute le plus marqué, c’est ce mois passé
en famille à Salobreña (Andalousie) en 1969. Mes parents m’avaient emmené chez un luthier à Motril pour m’offrir ma première guitare ! Je me souviens du nom de cet artisan : Manuel Perez Paez, et je le revois terminer devant moi les finitions de l’instrument, dans cet atelier magique dont j’ai encore dans les narines l’odeur de bois et de vernis. J’avais douze ans et je me suis usé les doigts sur cette guitare espagnole, répétant maladroitement les accords des chansons d’Antoine, Polnareff, Donovan et Dylan… Elle n’est plus en état mais elle est là, accrochée au mur de ma pièce à musique, comme un petit morceau d’enfance qui perdure…

Il y a 50 ans c’était Mai 68, tout a été remis en cause, la société et les idées. Selon toi, l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

J’avais 11 ans en 1968 et le souvenir que j’en garde est un peu flou mais toute ma culture repose sur les soubresauts que le monde entier a vécu au cours de cette année charnière et de celles qui ont suivi. Certes, il y a eu « notre » mai 68, mais également : la guerre au Viet Nam, le printemps de Prague, l’assassinat de Luther King et celui de Robert Kennedy, le flower power et les hippies dans la foulée des beatnicks, le psychédélisme, les Black Panthers, les poings levés de Smith et Carlos aux Jeux Olympiques de Mexico, la famine au Sahel et au Biafra, le voyage des Beatles et de Donovan en Inde chez le Maharishi et les nombreux routards fuyant l’occident sur les chemins de Katmandhu, etc…

Ceux qui ont crié leur colère, leur tristesse, leurs peurs ou leurs combats, ce sont les artistes.
Ceux qui ont hurlé leur joie, leurs espoirs, leur amour, ce sont les artistes.
Ceux qui ont laissé des traces et de la beauté quand les hommes politiques ont été oubliés, ce sont les artistes.
Ceux qui traduisent les hoquets de la société, les luttes et les bonheurs en notes de musique, en taches de peinture, en poésie, en cris et en rires, ce sont les artistes.

Les artistes, ces improductifs «inutiles et indispensables » !

L’art est le prolongement du cœur et de l’âme, pas de vie sans art…

 


 

Dom Dewalles – Peintre narratif

Quelles sont tes sources d’inspiration ? Quel a été ton parcours ?

Le goût pour la peinture ancienne m’a amenée à rencontrer plusieurs artistes des métiers d’art. Je me suis arrêtée assez longtemps dans l’atelier d’un artiste dont la spécialité était la peinture 16ème et 17ème, la fresque, le trompe l’oeil… Ce fut une rencontre clé dans mon parcours.

Comment prépares-tu une exposition ?

Le lieu est important, il constitue l’écrin. Je travaille par collection, sur des thèmes qui me touchent à un moment donné… C’est surement aussi en lien avec des tranches de vie !!! Je n’aime pas la redite, j’essaie de proposer à chaque fois une nouvelle histoire, alors je cherche, et cela peut mettre du temps…

Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

L’art fédère, crée l’émotion, nous rappelle notre « humanitude ». En ces temps où la société est en constante mouvance, troublée, marquée : plus que jamais, l’art sous toutes les formes, ne doit pas perdre sa place…

 


 

ARTHY Mad – Plasticien photographe

ARTHY Mad ne se considère pas comme photographe, mais comme plasticien utilisant l’image. Ses tableaux photographiques tentent de présenter le monde de façon ouverte, poétique et décalée.

Comment définis-tu ton style? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Je ne photographie pas ce que je vois. Je mets en scène ce que je suis, ce que je ressens, la façon dont j’appréhende le monde, les rapports humains, et l’imagine en tableaux photographiques, installations et performances. C’est pour cela que je me définis d’abord comme plasticien, puis comme photographe, la photographie étant à ce jour le meilleur médium que j’ai trouvé pour restituer mon travail. Je parle alors « d’installations photographiques poétiques et décalées »

Souvent les artistes racontent que, très jeunes, ils dessinaient déjà. Je pense que c’est la même chose pour toi, mais quel a été ton parcours par la suite ?

Je viens d’un milieu familial très chaleureux. Beaucoup d’Amour mais peu d’ouverture vers l’Art. Je considère avoir eu 2 vies. Une première dans laquelle j’ai évolué en entreprises et organisations. Je réussissais mais ne m’y suis jamais vraiment senti à ma place. J’éprouvais même un sentiment d’imposture. Ma deuxième vie, entamée en 2009, dans laquelle la création artistique, pratiquée jusqu’alors en amateur, est devenue mon activité principale. Je m’y sens vraiment heureux et à ma place. Dès 2014, l’image photographique devient mon médium privilégié. A elle seule, elle allie mes pratiques antérieures, le dessin, les arts plastiques, le théâtre, la mise en scène et l’image. Je m’y forme assidûment depuis cette date. La réification du corps dans la presse, la mode, la publicité et dans certaines pratiques photographiques, me dérange. J’en fais mon premier thème de travail. Mes 2 premiers projets, « Mon Corps a une Histoire » (2014) et « Contours » (2015/2016), vont dans ce sens. 64 femmes et hommes de morphologies et d’âges différents y collaborent. C’est ma façon de militer pour un corps démocratique dans lequel chacune et chacun puisse se retrouver, s’identifier, loin des diktats réducteurs imposés par notre société. Début 2017, la nudité cède la place à : « l’installation photographique poétique et décalée » (mais n’y suis-je pas encore plus nu?). La série « SOLO » en est la dernière illustration. Elle interroge l’individu confronté à sa propre solitude, et, d’une manière plus générale, à la notion d’absence/présence. Une incitation à l’introspection : et si la solitude était la plus belle conquête sur soi-même ? La solitude – grâce ou malédiction ? Plus j’avance dans cette série, plus je prends conscience qu’elle parle d’Amour – Amour de soi, Amour de l’autre.

Exposer c’est se mettre en danger, se livrer au regard des autres. Comment prépares-tu une exposition, une sélection de tes travaux anciens ou des oeuvres nouvelles ?

Personnellement, exposer n’est pas une mise en danger. C’est tout le contraire, c’est une invitation au partage, un acte de générosité. Il faut juste un certain courage aujourd’hui, pour amener les gens à la poésie. A chacun sa façon de voir la vie. La mienne est résolument positive, créative et humaniste. J’ai envie de présenter le monde de façon ouverte. D’une manière poétique et décalée, j’ai envie d’inviter à rêver, à voyager, et de laisser toute la place à l’imaginaire. J’aime préparer mes expositions avec ce qui m’habite dans le présent. C’est pourquoi les « oeuvres » nouvelles me semblent plus appropriées. Si l’exposition impose un thème précis que j’ai déjà exploré, alors bien évidemment, je sélectionne des travaux antérieurs en rapport avec le thème demandé. A condition qu’elle soit prévue à une date suffisamment lointaine, une exposition peut également être une opportunité pour développer un nouveau projet.

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marqué étant enfant ?

Ah oui. Ma famille avait surtout une culture mer. Mon père étant instituteur et ma mère ne travaillant pas quand nous étions enfants, les vacances étaient assez conséquentes. La Normandie, proche et accessible facilement en 2cv ou Ami 8, était notre destination favorite. Je me souviens de mes vacances à Chanteloup, petit village proche de Granville, dans lequel j’ai passé une bonne partie de mes vacances d’été et de Pâques, pendant de nombreuses années.

Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

L’Art, à mon sens, invite à voyager, à s’évader. Il offre l’occasion de sortir, l’espace d’un moment, d’une logique de productivité, de vitesse, de rentabilité très présente dans nos sociétés. Il invite à la poésie. Le rendre visible, accessible à toutes et à tous, favoriser la créativité artistique dès le plus jeune âge me semble essentiel. Dans ces conditions, sa place deviendra de plus en plus importante dans notre société. Même s’il y a encore beaucoup à faire, la voie me semble bien engagée.

 


 

Claudy Gielczynski Figuration libre

Toute sa vie, Claudy s’est consacré aux problèmes liés à la délinquance juvénile sans abandonner l’expression picturale qui devient un outil de communication permettant le décloisonnement et la mixité sociale.

Comment définir ton style ?

Je suis attaché à la figure humaine, je suis autodidacte, tout en admirant certaines œuvres académiques je ne suis pas académique. Je suis sans aucun doute anticonformiste ! J’aime le trait unique de pinceau, la couleur ! J’aime KIJNO, MATISSE et Edouard PIGNON…!!! Je suis protéiforme, boulimique ! Et je me rangerai à la «FIGURATION LIBRE »

 Souvent les artistes racontent que, très jeunes, ils dessinaient déjà. Et toi, quel a été ton parcours ?

Je suis le fils d’une famille ouvrière du Nord, mon père d’origine Polonaise était mineur de fond ainsi que mes deux grands-pères, ma mère me disait souvent «je ne veux pas que tu sois gueule noire !»

A la maison pas d’argent superflu ! Pas d’art ! Seul un berger allemand en plâtre coloré trônait sur la cheminée. Dans le bassin du valenciennois, le charbon et l’acier faisaient vivre toute la population, par la force des choses, j’ai suivi des études techniques pour devenir dessinateur industriel, traits droits, rien laissé au hasard ! Mais 68 est passé par là, prise de conscience politique brutale mais sans expérience ! Le proviseur a convoqué la famille et sans débat possible la peine est tombée « pas de place pour les révolutionnaires en herbe dans mon établissement ». à cette époque le système ne faisait pas de cadeaux. Par la force des choses j’ai changé de chemin ! Mon petit diplôme de moniteur de colonie de vacances en poche, je suis entré par la petite porte du social ! Et j’ai découvert le monde fermé des enfants placés par la DDASS ! Enfants issus des familles ouvrières de la région, ils étaient des centaines à être séparés de leur milieu ! Cette situation m’a insurgé, il fallait faire quelque chose en amont, Je suis devenu éducateur spécialisé en prévention spécialisée autrement dit éducateur de rue, tout d’abord à Roubaix Alma Gare, puis la ZUP de Mons pour finir directeur d’un centre social à Tourcoing.

Et l’art dans tout ça ? Pendant ces 42 ans, il fut un vecteur essentiel de communication, de rencontre avec un public qui n’avait qu’un accès limité à l’expression plastique. L’art est comme un moyen pour ces jeunes de quartier de ce revaloriser, de se découvrir, d’être reconnu et, pour moi, de trouver un équilibre, de pouvoir exprimer ce cri qui vient de l’intérieur. En 1983, j’ai trouvé un écho dans les galeries d’art et je continue depuis.

Exposer, c’est se mettre en danger, se livrer au regard des autres. Comment prépares-tu une exposition, une sélection de tes travaux anciens ou des œuvres nouvelles ?

Pour moi l’exposition a toujours été une chance plus qu’une mise en danger ! Elle m’a toujours permis d’entamer de nouveaux dialogues, d’être confronté à de nouveaux regards. L’exposition, il est vrai, n’est pas toujours une zone de confort, elle peut-être déstabilisante mais permet de réajuster le principe de réalité. Pour ma part, la préparation d’une expo passe toujours par une phase de création, une phase de travail complétée par des travaux plus anciens ! Ce travail tient compte obligatoirement du contexte de l’exposition, de l’objectif sous-jacent poursuivi, pour Solid’art, l’humanité, la condition humaine sont au cœur du sens que je dois donner !

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marqué étant enfant ?

Dans les souvenirs de vacances liés à l’enfance, j’évoquerais celui-ci en particulier : à l’époque j’avais 8 ans, mes parents ouvriers n’avaient pas les moyens de nous payer des vacances ! Mais tous les ans dans mon village, le foyer catholique organisait un voyage d’une journée à Malo-les-Bains, pour moi, pour nous, une aventure merveilleuse. Il y a 60 ans à Malo, c’était autre chose, la plage immense était envahie de tentes à rayures louées à la journée ! Ces tentes protégeaient des centaines de familles ouvrières venues là pour la même chose : prendre un peu de bon temps, se fabriquer des souvenirs pour les mauvais jours. Ma mère, pour l’occasion, préparait un repas froid, haricots en salade et rôti de porc, le tout dans des bocaux hermétiques ! L’heure que nous attendions arrivait, manger ce bon repas ! Et à chaque fois la même chose arrivait : une bourrasque soulevait du sable qui finissait dans les bocaux ou les assiettes. Qu’à cela ne tienne, nous mangions, même le sable ne pouvait pas gâcher ce moment !! Depuis, ces grains de sable croquants sous la dent sont restés en souvenir de ce bon temps volé à notre condition.

Il y a 50 ans c’était Mai 68, tout a été remis en cause, la société et les idées. Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

A cette époque, la société formatée, dogmatisée, puritanisée autour de la trilogie famille, travail, patrie, n’a pas résisté au coup de chauffe de sa jeunesse mais pas uniquement ! Sans réseaux sociaux, il fallait trouver une communication adaptée et rapide ! Tout le monde se souvient de «la chienlie c’est lui», «sous les pavés la plage», «CRS SS»… peut-être l’acte de naissance de l’art urbain. Aujourd’hui la machine sociétale a repris en main ce que nous sommes. Pour moi l’art et la créativité ont une place essentielle, car la possibilité est offerte de faire de la résistance et ne pas être anéanti par la numérisation et la robotisation.

 


 

 Véronique Dormeuil Peintre figuratif

Diplômée des beaux-arts de Lille, Véronique propose à chaque exposition un thème nouveau mais la femme, les femmes, reste l’une de ses grandes sources d’inspiration.

Quand on lui demande un souvenir de vacances qui l’a profondément marquée étant enfant, elle se souvient tout de suite avoir été Jeannette, les camps Scout pour fille, c’était « la première fois que je quittais mes parents ». Et oui, c’est parfois ça aussi les vacances, quitter le cocon familiale et vivre une première expérience d’indépendance.

“La créativité est la meilleure chose pour l’épanouissement de l’Homme

 

 


 

Dominique Beaune – Peintre

Ancienne élève des Beaux-Arts, décorée du Mérite Culturel et Artistique, peintre de la Batellerie française.

Comment définis-tu ton style ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Je construis mes toiles comme des récits, m’inscrivant ainsi dans le mouvement de la  « nouvelle figuration narrative ». Mes toiles racontent la vie des gens du Nord avec les Carnavals, les Ducasses, les ouvriers du textile, les bateliers ou  bien encore les migrants,  car c’est avant tout l’âme commune des groupes qui m’inspire. Mais, j’ai aussi une autre facette de ma production avec des représentations plus abstraites avec mes rêves, mes fantasmes, mes créations fantastiques.

Souvent les artistes racontent que, très jeunes, ils dessinaient déjà. Je pense que c’est la même chose pour toi, mais quel a été ton parcours par la suite ?

J’ai commencé par faire des décors de théâtre à Paris en 1967, puis des expos d’art naïf,  des expos thématiques, des couvertures de livre, des affiches, pour continuer sur une peinture plus personnelle mettant toujours en avant l’humain, le groupe au sein de la société. J’ai exposé à Paris, dans le Nord, sur la Côte d’Azur, en Italie, en Belgique, au Brésil, au Canada.

Mon passage par l’ERSEP (L’École régionale supérieure d’expression plastique de Tourcoing) a modifié mon travail en m’orientant vers des œuvres plus dynamiques, plus colorées. Puis, sur le modèle de « Rorschach » étudiant les taches d’encre que faisait Victor Hugo, sur ses manuscrits, j’ai utilisé des taches d’encre colorées pour créer mon propre univers suivant les dérives de mon imagination. J’y ai inclus de la dentelle de Calais. Le public est souvent très curieux en découvrant la multitude de mes personnages et ma technique, mais si je reçois aussi des critiques, j’essaye d’en prendre compte pour améliorer mon œuvre.

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marquée étant enfant ?

Solid’Art aide les enfants à partir en vacances et c’est tant mieux. Je suis heureuse de participer à ces quelques moments de liberté et d’air pur pour ces petits citadins. Je  rêve de pouvoir leur faire vivre à leur tour des moments de bonheur simple, tels que j’ai eu la chance de les éprouver quand j’étais petite.

Personnellement, je me souviens avec émotion, de longues promenades en vélo au milieu des champs de blé avant la moisson, en pleine Beauce. Le soleil, l’odeur du blé mûr, le vent léger, les coquelicots et les bleuets me rappellent encore un bonheur, une joie, une liberté que je ne trouvais pas dans le petit appartement familial parisien. Et, ces vacances toutes simples sont restées pour moi des souvenirs précieux gravés dans ma mémoire.

Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

Quant à la place de l’art dans la vie de tous les jours, il me semble indispensable.

Que ce soit Guernica de Picasso, qui nous rappelle ce qu’est un bombardement, ou les tableaux de Sisley qui nous évoquent les berges de la Deûle, l’art nous accompagne à chaque instant. Il est le média de nos émotions et de nos pensées les plus intimes et un moyen de communiquer que les mots parfois ne savent pas trouver.

Pour moi, la peinture fait partie de ma vie au plus profond de mon être, et j’essaye d’y transcrire une partie de mes sentiments et émotions. D’ailleurs, le philosophe Marc Richir a dit de mon œuvre : « c’est de la vraie peinture, authentique qui rend visible l’invisible. »

 


 

Hervé Dorval – Photographe

Comment définis-tu ton style ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Ma photographie est à la croisée des mouvements documentaire, pictorialiste et allégorique. Mes sources d’inspirations  sont la ville et ses mutations, mes références, Atget, Evans, Pernot, Basilico, Berts…

Quel a été ton parcours ?

J’ai commencé à photographier au Rolleiflex et au Zorki vers 14 ou 15 ans, déjà en noir et blanc. J’ai appris les techniques de développement et de tirage en laboratoire. Mais j’ai très vite arrêté. Les études, le sport, la musique pratiquée au conservatoire me prenaient tout mon temps. Bien plus tard, on m’a offert un appareil photo numérique. Et j’ai découvert avec bonheur que l’ordinateur se substituait à la chimie. Je n’ai aucune nostalgie du labo argentique. J’ai recommencé à faire des photos. Un peu de portrait, un peu de nature morte mais naturellement, je me suis orienté vers le paysage urbain.

Comment prépares-tu une exposition ?

Je travaille sur la région Hauts-de-France par thèmes. La révolution industrielle, le textile, le charbon… Mes expositions sont généralement construites autour d’une « tranche d’histoire ». Mais ça peut être aussi simplement celle d’un bâtiment, d’un quartier.

J’apprécie lorsqu’il est possible de montrer mes images dans un lieu qui entre en résonnance avec l’exposition. Par exemple, «En pays minier» exposée dans la salle des pendus de la fosse de Oignies, « Chapelles au XXème siècle » à la Cathédrale de la Treille ou «Variations Urbaines #Roubaix» à la Condition Publique. ça a du sens.

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marqué étant enfant ?

Pas de fait marquant, non. Mais je me souviens qu’étant enfant, j’ai eu la chance de partir chaque année avec mes parents, l’été, trois ou quatre semaines. Pas de plage mais de longues balades en montagne, en ville, des visites de musées, de châteaux… Je sais d’où vient mon goût pour le patrimoine.

Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

Essentielle ! Dans une société réglementée, normalisée, aseptisée, qui tend vers la pensée unique, l’Art permet de s’évader, de rendre supportable un mode de vie qui l’est de moins en moins.

 


 

Gilles Defacque – Clown dessinateur

Clown, comédien et scénariste, le directeur du Théâtre international de quartier Le Prato à Lille est également dessinateur. Il exposera ses créations à Solid’Art.

Comment définis-tu ton style ?

Je serais bien incapable de définir «mon» style… que dire ? C’est des gribouillis, des traces, des jeux de lignes comme une danse du crayon sur la page blanche ou c’est des manies : photographier jusqu’à épuisement des moments de vie, des détails comme si j’enregistrais la vie de quelqu’un d’autre …

Souvent les artistes racontent que, très jeunes, ils dessinaient déjà. Je pense que c’est la même chose pour toi, mais quel a été ton parcours par la suite ?

En fait, non, tout jeune j’étais terrorrisé par les cours de dessin… je n’arrivais jamais à reproduire comme il faut les natures mortes
… j’étais en admiration devant ceux de mon école primaire qui «savaient» le faire … je me disais que j’en étais incapable et que j’en serai toujours incapable, et que c’était réservé aux «artistes»… à des gens «à part»… c’était valable pour tous d’ailleurs : on se considérait comme inférieur…

Tout ça le dessin, la peinture, l’art… c’était un autre monde peut-être même de la ville, nous nous étions dans la campagne, les «indiens picards»! Puis c’est peut-être par le clown que j’ai osé franchir les frontières de ce qui me paraissait interdit et le rire m’a donné des ailes pour Faire à Ma façon ! (à M’Motte !!).
Clown, poésie, etc… tout est lié.

Comment prépares-tu une exposition ?

Chaque «expo» est comme une station d’un voyage… Les chapitres du Journal d’un Quelqu’un. Les n’importe-qui enregistrent leurs traces … Sinon qui le fera pour eux ?

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marqué étant enfant ?

J’habitais au Mignon-Palace, salle de café, bal, cinéma, catch etc… au milieu des usines du Vimeu (serrures et robinets)… et on n’allait pas en vacances… mais je me souviens avec émotion d’un séjour à l’autre côté du bourg, vraiment pas très loin de ma maison natale or ça a été magique !!! Un voyage presque sur place dans une maison avec un grand jardin toute calme et au bord de la forêt…

Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

L’art, la culture créent du lien, de l’échange, du partage … Comme l’eau, le feu, la planète… Il est à tous pour et par tous…

Art, artisan, bricolo, ou plutôt Poésie -c’est la poésie qui m’anime- pour découvrir, donner. C’est aussi un dialogue avec nos monstres, avec nos terreurs… les dompter pour apprendre à vivre avec… Enfin c’est jongler avec le Refoulé et s’ouvrir aux AUTRES Mondes. Il n’y a pas d’art sans Désir de changer les choses : trouver un monde plus juste et plus beau !!

AGIS DANS TON LIEU, PENSE AVEC LE MONDE.
(Edouard Glissant)

 


 

Maniasuki – peintre

Personnalité protéiforme et polysémique, il serait vain de chercher à sceller le sceau de sa créativité débordante. Sa production se modèle au rythme du temps et s’affirme comme un combat humaniste
contre les tempêtes du présent.

Comment définis-tu ton style ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Mon style est une grenadine Baroque ; mes sources d’inspirations sont la grande peinture ancienne tant de par ses sujets que par des fragments stylistiques puisés dans le ressenti des peintures du Caravage, de Rubens, de Rembrandt… des peintres qui ont fouillé l’humain et qui l’ont mis en scène entre ombre et lumière, entre désir de chair et Tragédie des interdits. Je me réfère aussi beaucoup au « grand sublime bazar de l’opéra … crime et ornement, silence – suspend et hurlements vocalisés, du blanc laiteux au rouge sanglant ». J’ai aussi une certaine tendresse à « me faire du cinéma », d’où ma série numérique sur les « baisers »… Mon film favori est « vertigo » d’Alfred Hitchcock… on aime, on perd, on poursuit la quête d’une perfection tant sensuelle qu’émotionnelle …mais tout fuit … se floute… puis disparaît en camaïeu sur la toile ou le papier à jamais délicieusement inachevé…

Souvent les artistes racontent que, très jeunes, ils dessinaient déjà. Et toi, quel a été ton parcours par la suite ?

Mon adolescence contenait beaucoup de cris étouffés… le dessin (nocturne surtout) m’a permis de leur donner corps. Le dessin, pastels tendres et tactiles, plumes crissantes et encre pérenne m’ont construite. Collages et assemblages m’ont permis de raconter le féminin de ma tribu couturière et émigrée… enfin des études d’histoire de l’Art m’ont arrimée au plaisir absolu de la peinture, plaisir visuel, plaisir du faire et du défaire… plaisir d’essayer et d’organiser des désordres à tiroirs secrets.

Comment prépares-tu une exposition ?

La préparation d’une exposition demeure pour moi une mise en spectacle… je m’y livre beaucoup… et pas.

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marquée étant enfant ?

Vacances ? Oui !… Mon Papa aimait beaucoup ce temps béni où il pouvait enfin découvrir…les musées, les monuments, les traces de l’histoire en concret… les sons et lumières… et il m’emmenait… en me disant tout le temps : « C’est beau ! Hein ? Et bien ce n’est pas pour toi !…. » Ainsi donc… j’ai choisi d’en faire un métier… comme cela c’est pour moi tout le temps, par vents et marées, par tempêtes aussi.

 


Freaks the Fab – Street Artiste

Freaks dessine, peint et colle ses personnages depuis bientôt 4 ans à travers la France et l’Europe mais aussi et avant tout dans les rues de Lille !

Comment définis-tu ton style? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Je définirais mon style comme décalé, joyeux voire parfois burlesque, presque clownesque. Il est volontairement naïf avec ces sourires et cet oeil grand ouvert. Mes sources d’inspiration sont nombreuses, à la fois artistiques avec les influences de Dali, Picasso ou Matisse mais aussi des références comme Buster Keaton, Charlie Chaplin mais aussi le Muppet Show ou tout ce qui a bercé mon enfance, mon adolescence. Bien sûr la culture urbaine et l’art urbain, graff et tag, pochoirs, etc. La rue de manière générale et tout ce qui s’y passe sont également une source d’inspiration. Sans oublier les actualités, mais je préfère traiter ça de manière humoristique.

Souvent les artistes racontent que, très jeunes, ils dessinaient déjà. Je pense que c’est la même chose pour toi, mais quel a été ton parcours par la suite ?

En effet, j’ai commencé à dessiner tout petit mais je n’ai jamais eu de parcours artistique classique. Pas d’école d’art. J’ai eu un parcours scolaire classique jusqu’au bac. Le dessin n’était qu’un loisir, un passe-temps. J’ai été élevé par mes grands-parents jusqu’à l’âge de 6 ans. Mon grand-père était peintre tapissier et j’avais le droit de dessiner sur le sol de la cour mais aussi sur le mur. À la craie à l’époque ! À l’obtention du bac, j’ai voulu faire les beaux-arts mais mes parents étaient contre.
J’ai rapidement arrêté les études et puis la vie vous happe comme on dit. Métro, boulot, dodo mais je me gardais quand même du temps pour dessiner, peindre ou créer, comme un exutoire. En 2014, le hasard de rencontres m’a déterminé à reprendre pinceaux, bombes ou marqueurs et à montrer mon art dans la rue.

Exposer c’est se mettre en danger, se livrer au regard des autres. Comment prépares-tu une exposition, une sélection de tes travaux anciens ou des œuvres nouvelles ?

Je ne vois pas une exposition comme une mise en danger mais c’est à chaque fois un défi pour montrer une évolution, une remise en question, une interrogation sur son propre travail. Créant surtout pour la rue, j’ai gardé cette liberté d’afficher des travaux inspirés par cet univers et en gardant principalement la technique du collage et les techniques mixtes. Je suis encore loin d’avoir tout exploré. La plupart du temps, ce sont des œuvres nouvelles. C’était en grande partie le cas pour Solid’Art 2017 mais je présente aussi des travaux anciens. Je ne m’impose pas de thème ou de format particulier. Je me laisse guider par mes envies et mon inspiration. Il y aura des surprises, des nouveautés en 2018. !

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marqué étant enfant ?

J’ai eu la chance de partir en vacances tous les ans avec mes parents et mon frère donc les vacances ont toujours été chargées en souvenirs car mes parents nous emmenaient visiter châteaux, musées ou simplement découvrir la nature et ses richesses. Un en particulier ? Pas vraiment, car les vacances étaient toutes marquantes par le plaisir qu’elles procuraient.

Aujourd’hui, c’est un plaisir et un engagement naturel pour moi d’être présent et solidaire aux côtés du Secours populaire et de permettre aux enfants d’avoir des vacances pour qu’ils aient eux aussi des souvenirs marquants.

Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

Oui bien sûr, l’art fait partie de notre société et il est présent sous différentes formes. Il faut être aveugle ou complétement désintéressé pour ne pas voir qu’il est présent. Et pourtant, je trouve que sa place n’est pas encore assez importante. On vit dans un monde qui file à toute vitesse et les contraintes que l’on s’impose nous font parfois oublier de prendre son temps, de se poser et de se cultiver autrement qu’en posant son cul devant la TV pour un match de foot (j’aime pas le foot) ou une émission à la c… .

L’accès à la culture et à l’art devrait être une priorité. Aujourd’hui, c’est plus une question de choix pour chacun. On s’y intéresse et on y consacre du temps ou pas. C’est aussi pour cela que je fais de l’art de rue (ou streetart pour parler branché). C’est à la fois une thérapie personnelle mais aussi un plaisir non dissimulé d’afficher de l’art dans la rue, la plus grande galerie où il n’est d’ailleurs pas permis de coller ou de peindre. Il faut rappeler que cette démarche artistique est illégale. Et pourtant, nombreux sont les artistes qui font ce choix d’afficher leurs peintures, leurs collages et parfois leurs messages dans cet espace. Un choix délibéré afin d’interpeller le passant..

 


 

Franck Guihal – Sculpteur d’acier

Franck pratique la sculpture sur acier de récupération. Les pièces qu’il assemble par la soudure ont des formes infinies, droites, courbes, torturées ou lisses, elles sont souvent sa source d’inspiration.  Son style peut varier du brut abstrait au figuratif très détaillé.

« Mon parcours a connu une rupture assez nette : je sculptais depuis l’âge de 17 ans de manière ludique et désintéressée de toute exposition ou vente, je continuais toujours de sculpter pendant mes études de sciences économiques, au terme desquelles j’ai rédigé un mémoire sur “ l’avenir du marché de l’art ”. Cette même année, j’exposais finalement au théâtre universitaire de Nantes. Mes études s’achevaient. Je décide alors non pas de travailler dans le domaine financier mais de m’engager sur un CAP métallier serrurier à St Nazaire pendant 10 mois.  Quelle révolution ! L’éventail des possibilités s’ouvre à moi et je décuple ma créativité. J’arrive à Lille en 2002 et décide de louer un atelier pour m’exprimer à travers la sculpture. A part les jobs d’été étudiants, je n’aurai donc jamais travaillé pour personne d’autres que mes propres clients.

Je ne crois pas au talent !

J’aime proposer des nouveautés lors des expositions que je prépare. Expliquer d’où vient la créativité est difficile, il s’agit sans doute d’un mélange de travail et d’inconscient. Ce qui est sûr c’est que je ne crois pas au talent ! »

 


 

Martin Loume – Affichiste lacérateur

Martin Loume s’inscrit dans la lignée de Villeglé, Rotella, Heins et Duffrêne du mouvement des Nouveaux Réalistes.

Quels ont été tes premiers pas artistique ?

J’ai fréquenté et aimé les artistes, plasticiens, sculpteurs depuis mes années de lycéens où après la Galerie Dujardin Bd de Paris, la Galerie Renar rue du Maréchal Foch, qui exposaient notamment les artistes de l’École de Roubaix, se trouvaient sur ma route. Dans les années 95, séduit par une affiche sur un mur de Venise j’ai commis mon premier arrachage. Depuis je n’ai plus cessé au hasard de mes pérégrinations. Ces lacérations et ces collages nous poussent à retrouver le sens de l’histoire, ce sont des messages esthétiques, politiques, poétiques, redécouvertes de la peau des rues, et des villes.

Exposer c’est se mettre en danger, se livrer au regard des autres. Comment prépares-tu une exposition ?

J’ai attendu près de vingt ans avant de franchir le pas et de sortir mes travaux de ma cave et de mon grenier pour faire une première exposition à Paris. C’est Renaud Faroux qui m’y avait poussé et qui, Commissaire de cette exposition, a fait le choix des œuvres. Depuis j’écoute les conseils de ceux qui m’entourent pour faire les choix.
Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marqué étant enfant ?

Les pêches à marée basse dans le village breton de ma grand mère… Les réveils au petit matin au sortir de la tente dans les forêts du Vercors…

Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

Tadeus Kentor, le grand dramaturge polonais, disait : «L’art, cela ne sert à rien, c’est comme l’amour.»

 


 

Richard Vanlerberghe – Aquarelliste

Richard Vanlerberghe est un peintre de style classique. Il est inspiré par les peintres britanniques romantiques du 18e et 19e à l’image de Turner, Bonnington et Constable.

Solid’Art permet de collecter des fonds pour offrir des vacances à des enfants. As-tu un souvenir de vacances qui t’a profondément marqué étant enfant ?

Je peins essentiellement pendant mes vacances. Petit, j’accompagnais mon père qui peignait pour figer les paysages que nous découvrions.

Vers mes 18 ans, je m’y suis mis à mon tour. Toutes mes vacances ont un souvenir “en peinture”. Je ne pouvais qu’accepter de participer à ce beau projet qu’est Solid’Art : donner la possibilité d’avoir « des souvenirs de vacances ». Il est tout à fait en phase avec mon parcours artistique. Les vacances et la peinture. De fait, la majorité de mes dessins sont des horizons. Ces destinations que je rencontre, ces paysages qui m’apaisent. Je souhaite partager ce moment de contemplation voire de méditation et le retranscrire avec des pigments et de l’eau. Ce minimalisme comme une douceur.

Selon toi l’Art a-t-il une place importante dans notre société ?

L’art est un espace de Liberté, valeur essentielle de la République. Il doit avoir une place essentielle dans notre société. Le statut de l’artiste doit être protégé. Il est malheureusement bafoué aujourd’hui, ou usurpé.